Histoire
Pourquoi le thé et les temples zen vont de pair
Le thé est arrivé au Japon avec les moines, et les temples zen ont façonné la cérémonie du thé. Ce qu’Eisai, Kennin-ji, Daitoku-ji et Rikyu apportent à une visite de salle de thé à Kyoto.
Réserver la cérémonie du thé au temple ↗Réponse rapide
Le thé et le zen sont liés par l’histoire. Wikipédia indique que le moine Eisai rapporta de Chine des graines de thé et la pratique du thé en poudre fouetté à la fin du XIIe siècle, et que les bouddhistes utilisaient le thé pour rester éveillés durant de longues méditations. Sen no Rikyū, le maître qui façonna la cérémonie du thé, se forma au zen à Daitoku-ji. Le temple figurant sur le billet de ce site, Jōtoku-ji, appartient à une autre école, Jōdo-shū.
Le thé arrive avec un moine
Wikipédia indique que la première preuve documentée du thé au Japon remonte au IXe siècle, lorsque le moine Eichū le rapporta de Chine sous les Tang. L’intérêt s’estompa ensuite. Vers la fin du XIIe siècle, le moine Eisai introduisit la forme en poudre, fouettée avec de l’eau chaude dans un bol, à son retour de Chine. On lui attribue la fondation de l’école Rinzai du zen au Japon et le retour de graines de thé vert en 1191. Le même article précise que ce thé vert en poudre fut d’abord utilisé dans des rituels religieux au sein de monastères bouddhistes, là où commence l’histoire du thé au Japon.
Eisai et Kennin-ji
Eisai fonda le Kennin-ji à Kyoto en 1202 et repose dans son enceinte, selon Wikipédia, qui le qualifie de temple zen historique et l’un des Kyoto Gozan, les cinq temples zen les plus importants de Kyoto. Eisai écrivit aussi le Kissa Yōjoki, que Wikipédia traduit par Drinking Tea for Health. Il voyait le thé avant tout comme un remède, et Wikipédia rapporte qu’il offrit un bol de thé au shogun malade Sanetomo. Un monument de pierre au temple commémore le thé.
Le thé contre la somnolence
Rester éveillé pendant de longues heures de méditation est difficile, et l’article sur la cérémonie du thé japonaise indique clairement que les bouddhistes utilisaient le thé pour prévenir la somnolence durant celles-ci. Cet usage pratique constitue le plus ancien lien entre le thé et les temples, avant toute considération esthétique ou philosophique. Il explique aussi pourquoi le thé s’est d’abord répandu parmi les prêtres et la classe supérieure. Japan-guide.com indique que le thé est arrivé au Japon au VIIIe siècle depuis la Chine et qu’il était bu comme boisson médicinale, principalement parmi les prêtres et la classe supérieure, et que ce n’est qu’à l’époque de Muromachi que toutes les classes sociales l’adoptèrent.
Le zen et la forme de la cérémonie
Japan-guide.com indique qu’une version plus raffinée des réunions autour du thé s’est développée vers l’époque de Muromachi, avec une simplicité d’inspiration zen et un accent accru sur la spiritualité, et que la cérémonie du thé trouve ses origines dans ces rassemblements. Wikipédia attribue à Murata Jukō, l’un des premiers à faire du thé une pratique spirituelle, l’étude du zen auprès du moine Ikkyū. Les idéaux qui en sont issus sont ceux que les invités entendent encore nommer aujourd’hui : le wabi, une beauté sobre et humble, et les quatre principes d’harmonie, de respect, de pureté et de tranquillité.
Rikyū et le Daitoku-ji
Wikipédia décrit Sen no Rikyū (1522–1591) comme la figure qui a façonné la cérémonie du thé plus que toute autre, et indique qu’il suivit une formation zen au Daitoku-ji à Kyoto. Le Daitoku-ji, temple zen Rinzai situé au nord de la ville, y est décrit comme profondément lié à la culture de la cérémonie du thé. L’article ajoute que le temple principal et nombre de ses sous-temples ne sont pas ouverts au public. Rikyū privilégiait les bokuseki, la calligraphie des prêtres zen, pour le rouleau suspendu dans la salle de thé.
Une salle de thé emprunte aux temples et aux sanctuaires
Tout, dans le thé, ne vient pas du zen. Wikipédia indique que la pratique consistant à purifier les mains et la bouche avant la cérémonie est influencée par le rituel shinto du misogi, et que la porte entre le jardin de thé et le monde quotidien s’inspire de l’architecture des sanctuaires et du torii. Il précise aussi que le bouddhisme zen et le shinto ont ensemble profondément influencé la culture japonaise du thé. Le tokonoma, l’alcôve destinée à un rouleau et à des fleurs, pourrait dériver des salles des monastères zen de l’époque de Kamakura, l’une des deux théories exposées par Wikipédia.
Ce temple appartient à l'école de la Terre Pure, et non au Zen
Wikipédia en japonais répertorie le Jōtoku-ji, le temple figurant sur le billet de ce site, comme un temple de l'école Jōdo-shū. Le Jōdo-shū, l'école de la Terre Pure, est centré sur la dévotion à Amida Bouddha et la récitation de son nom, selon l'article en anglais, et il s'agit d'une école différente du Zen. L'histoire zen évoquée plus haut relève donc de l'histoire du thé, et non d'une affirmation sur cette salle. Ce que le cadre du temple vous offre réellement, c'est une cérémonie du thé dans un site bouddhique avec un portail, un parc et une fontaine de purification, plutôt qu'une salle de réunion d'hôtel.
Lire la suite : Jōtoku-ji : le cadre de la cérémonie du thé
À qui cette expérience ne s'adresse pas
Si vous souhaitez vous asseoir en méditation, écouter un enseignement zen ou visiter un monastère zen, cette cérémonie n'est pas cela. Il s'agit d'un atelier collectif de 70 minutes dans la Grande Salle de Thé d'un temple de la Terre Pure. Si c'est l'histoire du Zen qui vous attire, Kennin-ji et Daitoku-ji sont les lieux à découvrir, bien que Wikipédia précise qu'une grande partie de Daitoku-ji est fermée au public. Pour la cérémonie elle-même, le guide de l'étiquette de la cérémonie du thé sur ce site explique quoi faire du bol.
Lire la suite : L'étiquette de la cérémonie du thé, pour une première fois
Questions fréquentes
Une cérémonie du thé dans un temple de Kyoto est-elle toujours zen ?
Non. Le thé entretient de forts liens avec le Zen dans l'histoire, mais le temple figurant sur ce billet, le Jōtoku-ji, est répertorié par Wikipédia en japonais comme appartenant au Jōdo-shū, l'école de la Terre Pure.
Qui a introduit le thé au Japon ?
Wikipédia rapporte que le moine Eichū rapporta le thé de Chine au IXe siècle et que le moine Eisai introduisit le thé en poudre et les graines de thé vers la fin du XIIe siècle.
Pourquoi les moines boivent-ils du thé ?
Wikipédia indique que les bouddhistes utilisaient le thé pour prévenir la somnolence durant les longues méditations, et que le thé en poudre fut d'abord utilisé lors de rituels religieux dans les monastères.
Sources